CBAM : ce qui change pour les exportateurs marocains vers l’Union européenne

Depuis le 1er janvier 2026, le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne (CBAM) n’est plus une simple obligation de déclaration : il a désormais un coût. Pour les entreprises marocaines qui exportent vers l’Europe, c’est un changement important, même si l’obligation légale pèse d’abord sur leurs clients européens.

Le CBAM, en bref

Le CBAM fait payer aux importateurs européens le carbone émis lors de la fabrication de certains produits importés. L’objectif de l’Union européenne est d’éviter que les industriels européens, soumis à un prix du carbone, soient concurrencés par des produits fabriqués ailleurs sans contrainte équivalente.

Les secteurs concernés sont :

  • le fer et l’acier, y compris certains produits transformés ;
  • l’aluminium, y compris certains produits transformés ;
  • les engrais ;
  • le ciment ;
  • l’électricité et l’hydrogène.

Le calendrier à retenir

  • Octobre 2023 – décembre 2025 : phase transitoire, avec déclaration des émissions mais sans paiement.
  • 1er janvier 2026 : entrée en phase définitive. Les importations réalisées à partir de cette date génèrent une obligation financière.
  • Février 2027 : début de la vente des certificats CBAM.
  • 30 septembre 2027 : première déclaration annuelle et restitution des certificats pour les importations de 2026.

Autrement dit, les produits que vous exportez aujourd’hui seront payés par vos clients en 2027.

Pourquoi les exportateurs marocains sont directement concernés

C’est l’importateur européen qui déclare et achète les certificats, mais le montant dépend des émissions réelles de votre production. Votre client a deux options :

  1. utiliser vos données d’émissions réelles, vérifiées ;
  2. appliquer des valeurs par défaut fixées par l’Union européenne, généralement défavorables.

Un fournisseur incapable de fournir des données fiables coûte donc plus cher à son client. À prix égal, l’acheteur européen privilégiera le fournisseur qui maîtrise et réduit ses émissions. Le CBAM devient ainsi un critère de compétitivité commerciale.

Les importateurs dont le volume annuel de produits concernés reste inférieur à 50 tonnes sont exemptés. Les volumes industriels réguliers dépassent cependant ce seuil.

Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  1. Vérifier si vos produits sont dans le champ, à partir de leurs codes douaniers. Certaines pièces en acier ou en aluminium (visserie, éléments de structure, pièces usinées…) peuvent être concernées.
  2. Mesurer vos consommations d’énergie et vos émissions par ligne de production. C’est la base de toute déclaration crédible.
  3. Préparer des données traçables et vérifiables à transmettre à vos clients européens.
  4. Identifier vos leviers de réduction : efficacité énergétique des moteurs et des procédés, récupération de chaleur, électricité d’origine renouvelable.
  5. Anticiper les demandes de vos clients, qui vont de plus en plus exiger ces informations dans leurs appels d’offres et leurs contrats.

Comment Power Dev peut vous accompagner

Power Dev aide les industriels marocains à transformer cette contrainte en avantage :

  • Sensibilisation CBAM et Bilan Carbone de vos équipes de direction et de production ;
  • Diagnostic énergétique Energy Check pour mesurer vos consommations et identifier les gisements d’économies ;
  • Plans d’action chiffrés pour réduire à la fois votre facture énergétique et votre empreinte carbone.

Vous exportez vers l’Europe et souhaitez évaluer votre exposition au CBAM ? Contactez-nous pour en parler.

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